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Parcours professionnel atypique partie 2 – la réorientation

Actualité | 2021-02-01
CIE emploi Laurentides

Bonjour! Je m’appelle Suzie. 

Je suis une conseillère en emploi et ça n’a pas toujours été ainsi. Dans mon premier article paru en janvier 2021, j’avais décidé de faire de l’auto-dévoilement quant à mon parcours scolaire et professionnel non-linéaire. Voici la 2e partie de mon histoire dans laquelle vous apprendrai pourquoi j’ai fait la transition de décoratrice d’intérieur à conseillère en emploi!

Une période de remise en question

Comme mentionné précédemment, à la suite d’un parcours atypique, j’ai été diplômée en décoration intérieur et étalage en décembre 2008 et j’ai trouvé un emploi comme étalagiste en avril 2009. Vous pouvez constater qu’une intégration sur le marché du travail, même avec une formation, peut parfois prendre un certain temps. J’ai travaillé dans mon domaine pendant une année à temps plein et j’ai perdu cet emploi à la suite d’une restructuration. Pour moi, c’était la fin du monde. J’avais l’impression qu’on m’avait donné un gros morceau de gâteau au chocolat et que je venais de le perdre. Tous ces efforts pour ça? J’avais obtenu un poste que j’aimais, près de chez moi, des collègues que j’appréciais et un horaire de travail à la hauteur de mes espérances.

Pendant ma période de prestations d’assurance-emploi, j’ai rencontré une conseillère en main-d’œuvre.  J’ai procédé à une démarche de réflexion dans laquelle j’ai exploré mes possibilités et validé un nouveau projet professionnel.  À ce moment-là, je dois avouer que j’ai eu une forte attirance pour la profession de ma conseillère et que son travail semblait correspondre à plusieurs de mes critères professionnels. Toutefois, je croyais pertinemment qu’il était hors de question d’aller à l’université. J’ai donc, après mûre réflexion, décidé de me partir en affaires!

Une expérience comme travailleuse autonome

Je souhaitais que mes études aient un sens. J'aimais toujours la décoration et la présentation visuelle. Cependant, il n'y avait pas beaucoup d'ouvertures sur le marché du travail dans ma région et je souhaitais avoir une meilleure rémunération. Je suis donc allée suivre une nouvelle formation et j’ai ainsi obtenu une attestation d'études professionnelles en lancement d'entreprise. J’étais fin prête à offrir mes services comme décoratrice d'intérieur aux particuliers! Toutefois, comme il est très difficile de se bâtir une clientèle et impossible qu'elle soit régulière puisqu’on ne fait quand même pas appel à une décoratrice à toutes les semaines, j'ai décidé, pour m'assurer un revenu minimum « x » à toutes les semaines, de prendre quelques contrats d'entretien ménager. Ça répondait donc à mon critère de continuer à travailler dans le même secteur d'activités, d'avoir un horaire de travail qui me convenait et un salaire à la hauteur de mes espérances.

Une deuxième période de remise en question   

De 2010 à 2012, j’étais travailleuse autonome. J’ai développé une grande clientèle en entretien ménager mais je faisais très peu de contrats en décoration. De plus, l’aspect social d'une équipe de travail me manquait. J'avais 22 ans et je n'avais pas vraiment l'impression d'avoir une carrière. J'étais à loyer et j'avais de la difficulté à voler de mes propres ailes.

J'ai donc une deuxième fois procédé à une démarche de réflexion mais, cette fois-ci, sans accompagnement. Mon intérêt pour le métier de conseillère en main-d’œuvre était toujours là. J'étais rendue à un stade de ma vie où j'étais maintenant ouverte à entreprendre des études universitaires même si je trouvais difficile de commencer un baccalauréat en sachant que j'allais en avoir pour quelques années aux études et que mes amies, elles, étaient en train de terminer leur maîtrise ou encore en train d'acheter une maison…

Malheureusement, après vérifications, je ne possédais pas les préalables pour le baccalauréat en développement de carrière. Cependant, j’avais découvert le baccalauréat en enseignement professionnel et technique qui, lui, m'était accessible. Je trouvais l'idée alléchante car j'avais l'impression que mes nombreux diplômes avaient lieu d'être et que ça respectait encore plusieurs de mes critères de choix à considérer. J'avais l'impression que, à la fin de ces études, une multitude de portes allaient s'ouvrir à moi. Je croyais que je pourrais enseigner en décoration, en vente ou encore en lancement d'entreprise au niveau professionnel. À l'époque, j’étais même entraîneuse pour une équipe de cheerleaders. Si j’aimais entraîner, j'allais aimer enseigner, non?

L’université

Le baccalauréat en enseignement est d'une durée de quatre ans à temps plein. Afin de me réhabituer à un retour aux études et de travailler à temps partiel car, comme tout le monde, j'avais des engagements financiers, j'ai décidé de le faire sur cinq ans, de 2012 à 2017, tout en continuant d'offrir mes services comme décoratrice et femme de ménage.

Après deux années, lors de mon premier stage, j'ai réalisé que je faisais une erreur. J'avais été mal renseignée, ou plutôt, je n'avais pas recueilli les bonnes informations. Premièrement, j'ai découvert qu'il y avait une différence entre entraîner des personnes et enseigner à des personnes. Ensuite, je n'allais pas vraiment m'ouvrir des portes car je devais faire un choix concernant la matière à enseigner. Je suis donc allée rencontrer la conseillère d'orientation de l'université. Je lui ai expliqué les raisons qui m'avaient guidées dans ce choix de formation et je lui ai parlé de mon idée initiale en développement de carrière. Grâce au nombre de crédits accumulés et à mon excellente cote Z, je pouvais intégrer la formation de mon choix. Dans la vie, je suis une personne qui déteste ne pas aller au bout de ce que j'entreprends et ce « move » a été un des plus difficiles à faire. Je m’étais donnée cinq années à l’université et je venais d’en faire deux. Pour faciliter mon acceptation de changement de programme, j’ai réalisé celui-ci en trois ans afin de ne pas dépasser mon objectif de temps.

Conseillère en emploi

Avril 2017, ayant satisfait aux exigences du programme de baccalauréat en développement de carrière, la faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal m’a décerné le grade de bachelière ès arts. Jusqu’en décembre 2017, j’ai offert mes services comme suppléante pour deux commissions scolaires. J’ai aussi continué de travailler de façon autonome et j’ai tout mis en œuvre pour me faire connaître auprès des organisations œuvrant dans mon nouveau domaine afin de décrocher un emploi en lien avec ma récente formation. Encore une fois, l’intégration en emploi malgré un diplôme en poche fût quand même longue!

Heureusement, j’ai fini par atteindre les objectifs que je m’étais donnés quand j’étais enfant. Je possède maintenant ma maison, ma nouvelle voiture et la sensation d’avoir ma carrière! Hahaha! (Référence à l’article 1) En emploi depuis janvier 2018 au Centre d’intégration en emploi Laurentides, j’ai envie de vous dire que vous n’êtes pas seul à avoir vécu ou à vivre un cheminement professionnel atypique. Il ne faut pas désespérer. Il faut plutôt apprendre à accepter les choses comme elles viennent, à s’écouter, à persévérer, à mettre de côté nos craintes et, surtout, il est important d’aller chercher de l’aide afin d’être bien accompagné dans nos démarches de choix professionnels.

 

Suzie Beaulieu-Racicot, Conseillère en emploi


 


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